Un garage séparé, un atelier au fond du jardin, un local technique de piscine, un studio que l'on compte louer : tôt ou tard, une maison alimente un second bâtiment. La question se pose de la même façon à chaque fois. Faut-il tirer un câble depuis la maison, ou donner à la dépendance son propre branchement ? La réponse ne dépend pas de la distance autant qu'on le croit. Elle dépend surtout de qui utilisera ce bâtiment, et à quel titre.
Deux façons d'alimenter un bâtiment séparé
Depuis l'installation de la maison. Un départ dédié au tableau de la maison alimente, par un câble enterré, un petit tableau dans la dépendance. Tout se passe en aval du disjoncteur de branchement : c'est votre installation intérieure, régie par la NF C 15-100. Aucune démarche auprès du gestionnaire de réseau n'est nécessaire, tant que la puissance totale reste dans celle de votre branchement.
Par un second point de livraison. La dépendance reçoit son propre branchement, son compteur et son contrat de fourniture. C'est une demande à part entière auprès du gestionnaire de réseau, étudiée comme un branchement neuf, avec sa propre proposition de raccordement.
Quand le câble depuis la maison suffit
C'est la solution courante pour un garage, un atelier personnel, un abri, un local de piscine ou un bureau de jardin utilisé par les occupants de la maison. L'étude la traite comme une partie de l'installation.
La puissance s'ajoute à celle de la maison. Un compresseur, une scie sur table, une pompe de filtration, une pompe à chaleur de piscine, une borne de recharge : chacun entre dans le bilan de puissance du branchement, avec ses heures de fonctionnement. C'est ce bilan qui dit si le branchement de la maison suffit, ou s'il faut l'augmenter ou passer en triphasé.
La distance fixe la section du câble. La chute de tension se compte depuis l'origine de l'installation : à la sortie du disjoncteur de branchement en type 1, à la borne en limite de propriété en type 2. La NF C 15-100 la limite à 3 % pour l'éclairage et 5 % pour les autres usages, pour une installation alimentée par le réseau public basse tension. Le câble de la dépendance s'ajoute à ce qui a déjà été consommé en amont. Sur une maison déjà en type 2, avec un long câble entre la borne et la maison, une dépendance éloignée peut demander une section nettement supérieure à celle qu'on aurait choisie par habitude.
La protection se place au départ. Le câble qui part vers la dépendance est protégé dans le tableau de la maison, avec une protection différentielle. Le conducteur de protection suit la liaison jusqu'au tableau de la dépendance, qui reçoit ses propres protections de circuits.
La tranchée se prépare comme celle du branchement. Câble adapté à la pose enterrée, en fourreau, grillage avertisseur au-dessus, profondeur adaptée sous une allée carrossable, et tracé reporté sur un plan.
Une piscine ajoute ses propres exigences : la NF C 15-100 lui consacre des règles particulières, qui portent sur les volumes autour du bassin, la protection des circuits et les liaisons équipotentielles. Elles s'étudient avec l'emplacement du local technique.
Quand un second point de livraison se justifie
Trois situations le rendent préférable.
Un logement indépendant, loué ou destiné à l'être. Avec son propre point de livraison, l'occupant souscrit son contrat, choisit son fournisseur et paie sa consommation directement. Sans lui, le contrat reste au vôtre, avec sa puissance partagée entre deux foyers, et les conditions de refacturation relèvent du bail.
Une activité professionnelle. Un atelier ou un cabinet ouvert à une clientèle a souvent intérêt à disposer d'un contrat distinct de celui du logement. Le cas des locaux professionnels sort cependant du cadre de ce site, consacré aux maisons de particuliers.
Un bâtiment proche de la rue, loin de la maison. Lorsque la dépendance est en bordure de voie et la maison en fond de terrain, un second coffret près de la rue peut être plus simple qu'un câble privé qui revient sur ses pas.
Un second branchement a ses contreparties : une seconde demande, une seconde contribution selon la proposition du gestionnaire de réseau, un second abonnement. Et l'installation de la dépendance, nouvelle et à caractère définitif, doit recevoir une attestation de conformité visée par le Consuel avant sa mise en service.
Prévoir la dépendance avant qu'elle existe
Beaucoup de dépendances sont construites après la maison. L'étude de branchement est le bon moment pour leur réserver une place, à très faible coût :
- un fourreau en attente dans la tranchée du branchement ou dans celle de l'allée, en direction du futur garage ou de l'atelier, avec une aiguille de tirage ;
- un départ de réserve au tableau de la maison, et la place correspondante sur la rangée ;
- une puissance de raccordement qui tient compte de la dépendance, si son usage est connu, plutôt qu'une modification de branchement quelques années plus tard ;
- l'emplacement d'un éventuel second coffret à côté du premier, si un logement indépendant est envisagé, à vérifier avec le gestionnaire de réseau.
Sur un terrain en drapeau ou desservi par une voie privée, le câble de la dépendance suit les mêmes contraintes de tracé et de servitude que celui de la maison : voir terrain sans façade sur rue.
Ce que nous faisons
Nous intégrons la dépendance au relevé décrit sur la visite technique du terrain : distance, tracé, obstacles, usages prévus. Nous calculons la section du câble et la protection au départ, et nous vous disons si le branchement de la maison suffit. Si un second point de livraison est préférable, nous montons la demande pour votre compte ; le gestionnaire de réseau en fixe la solution, le délai et le montant.
Pour une borne de recharge au-delà de 3,7 kW, nos équipes disposent de la qualification IRVE requise. Nous intervenons avec nos électriciens salariés en Île-de-France et dans l'Hérault, et avec des entreprises partenaires ailleurs, ce que nous précisons avant toute commande.