Un plan de masse dit où sera la maison. Il ne dit pas de quel côté passe le réseau, si la clôture prévue laisse la place d'un coffret, ni qu'un vieux chêne, une fosse toutes eaux ou un banc de roche obligera la tranchée à faire un détour de douze mètres. Ces informations se relèvent sur place, et c'est ce relevé qui rend l'étude de branchement fiable.
Voici ce que nous regardons, dans l'ordre où nous le regardons, et ce que nous en tirons. L'ensemble des décisions que la visite prépare est résumé sur la page d'accueil.
Dans la rue : de quel réseau partira le branchement
La première question est de savoir à quoi votre maison sera raccordée. Le réseau de distribution basse tension se présente sous trois formes, souvent visibles du trottoir.
Un réseau aérien sur poteaux. En basse tension, il prend en général la forme d'un faisceau de câbles noirs torsadés. Nous notons le poteau le plus proche de la parcelle, s'il est du même côté de la rue, et s'il porte déjà des branchements vers les maisons voisines.
Un réseau posé sur les façades. Fréquent dans les centres anciens, il court de maison en maison sous les génoises ou les corniches. Le branchement d'une maison neuve en dent creuse partira souvent de là.
Un réseau souterrain. Rien n'est visible, mais les coffrets encastrés dans les murets des maisons voisines le trahissent. Leur position indique en général le côté de la rue où passe le câble.
Les conducteurs nus montés sur isolateurs en haut des poteaux appartiennent le plus souvent au réseau HTA ; il subsiste toutefois des réseaux basse tension anciens en fils nus. Le gestionnaire de réseau confirme lequel est lequel. Les lignes HTA ne servent pas à alimenter une maison directement, et leur présence ne signifie pas qu'un branchement sera simple.
Nous photographions ce que nous voyons. Ce relevé reste une observation : le plan exact du réseau, sa capacité et le point de raccordement relèvent du gestionnaire de réseau, qui les établit lors de son étude.
Ce que les réponses aux déclarations de travaux apportent
Avant d'ouvrir une tranchée, les déclarations prévues par la réglementation anti-endommagement des réseaux, la DT puis la DICT, sont adressées aux exploitants concernés. Leurs réponses localisent les réseaux enterrés à proximité : électricité, gaz, eau, télécommunications. Lancées tôt, elles servent aussi à l'étude, parce qu'elles révèlent un câble ou une canalisation que l'on ne voit pas depuis la rue.
À la limite de propriété : la place du coffret
Le coffret se place en limite de propriété, accessible depuis la voie publique. Sur place, nous vérifions quatre choses.
- La limite elle-même. Sans bornage, la ligne entre votre terrain et le trottoir peut être incertaine de plusieurs dizaines de centimètres. Un plan de bornage établi par un géomètre lève le doute avant de monter un muret.
- Le portail et les accès. Le coffret ne doit se retrouver ni derrière un portail fermé, ni dans la trajectoire d'une voiture qui manœuvre.
- La clôture, existante ou prévue. Si elle existe, il faut une niche aux dimensions du modèle de coffret indiqué par le gestionnaire. Si elle est à construire, l'emplacement de la niche se cote sur le plan du maçon.
- Le terrain naturel. Sur une parcelle en pente ou en contrebas de la rue, le coffret doit rester à une hauteur accessible et hors de l'eau de ruissellement.
Sur le terrain : mesurer le tracé, pas la distance
C'est la partie la plus utile de la visite. Le seuil de 30 mètres qui sépare le type 1 du type 2 se mesure le long du câble, et un câble ne va jamais en ligne droite.
Nous mesurons le chemin que suivra la tranchée, depuis l'emplacement du coffret jusqu'au point d'entrée dans la maison, en relevant chaque obstacle :
- les arbres à conserver, dont les racines imposent de passer à distance du tronc ;
- l'assainissement non collectif : une fosse et sa zone d'épandage ne se traversent pas avec une tranchée ;
- les autres réseaux : arrivée d'eau, gaz, télécommunications, eaux pluviales, arrosage, que la tranchée doit croiser proprement ou éviter ;
- les aménagements prévus : terrasse, piscine, abri, allée carrossable, places de stationnement. Sous un passage de véhicules, la tranchée doit être plus profonde ;
- le sol : terre, remblai, argile ou roche, qui change le temps et le coût de la tranchée ;
- la pente, qui allonge le câble et peut imposer de traiter l'écoulement de l'eau le long du fourreau.
Le résultat est une longueur mesurée, avec une marge. Lorsqu'elle approche 30 mètres, deux options se discutent avant le permis : rapprocher la maison ou le coffret pour rester en type 1, ou accepter le type 2 et dimensionner le câble privé en conséquence. Aucune n'est meilleure par principe. Le type 2 vous laisse un câble de plusieurs dizaines de mètres à entretenir ; il évite en revanche de déformer un projet pour gagner trois mètres.
Dans la maison : où arrive le câble
En type 1, le câble aboutit au panneau de contrôle, dans la gaine technique logement. Le point d'entrée du fourreau dans la dalle ou dans le mur doit être aligné sur cette gaine. Un fourreau qui débouche derrière un ballon d'eau chaude ou sous une cloison oblige à reprendre le tracé.
En type 2, le câble privé arrive au tableau de la maison, qui comporte à son origine un dispositif permettant de tout couper sans sortir. Nous repérons où ce tableau sera placé, puisque la longueur totale du câble en dépend.
Pour une maison existante, nous relevons le branchement en place : aérien ou souterrain, présence ou non d'un coffret en limite de propriété, position du compteur et du disjoncteur de branchement, nombre de phases. Le projet part de là, et toute modification de ces ouvrages passe par une demande au gestionnaire de réseau.
Ce que nous rapportons de la visite
- un plan de masse coté : emplacement proposé du coffret, tracé mesuré, obstacles, point d'entrée dans la maison ;
- des photographies du réseau de la rue, de la limite de propriété, du terrain le long du tracé et, pour une maison existante, du compteur et du tableau ;
- le type de branchement attendu et la longueur sur laquelle il repose ;
- la liste de ce que nous n'avons pas pu voir : un réseau enterré non repéré, une limite non bornée, un aménagement encore indécis. Chaque point est écrit comme une hypothèse, avec ce qui changerait s'il se révélait faux.
Ces éléments alimentent ensuite le bilan de puissance et la demande. Si le terrain n'a pas d'accès direct à la rue, la visite se prolonge par l'examen des servitudes, décrit sur terrain sans façade sur rue. Si une dépendance est prévue, son alimentation se décide en même temps : voir alimenter une dépendance.
Ce que la visite ne permet pas de savoir
Elle ne dit pas si le réseau de la rue a la capacité de fournir la puissance demandée, ni s'il faudra l'étendre ou le renforcer, ni où exactement le gestionnaire de réseau prendra le branchement. Ce sont les conclusions de son étude, qui figurent dans la proposition de raccordement.
En Île-de-France et dans l'Hérault, la visite est faite par nos électriciens salariés. Ailleurs, nous vous transmettons une liste précise de mesures et de photographies à réaliser, ou nous faisons intervenir une entreprise partenaire, et nous vous indiquons la solution avant de commencer.